Réaliser son rêve de publier un livre — Une entrevue avec Marie-Claude Lemieux

Série Publier soi-même son livre

Marie-Claude Lemieux a une vie sortie tout droit d’un roman bouleversant. Devenue tétraplégique dans la vingtaine à la suite d’un accident de voiture, cette mère de trois enfants a dû réapprendre à vivre, en plus de surmonter plusieurs obstacles en cours de route. En 2019, elle a couché son histoire sur papier et décidé de publier son livre elle-même. Entrevue avec une battante qui s’est ouvert les portes du succès.

La Langagière : D’où est né le projet d’écrire un livre?

Marie-Claude Lemieux : Après avoir eu mon accident, j’ai dû engager des gens pour prendre soin de moi. L’une d’elles est devenue une amie et a travaillé pour moi pendant 12 ans. Elle me disait, en entendant toutes mes péripéties : « Mon Dieu! Ça n’a pas de sens, tu devrais écrire un livre! » À un certain moment, j’ai commencé à écrire un peu, dans un but thérapeutique, puis je me suis dit graduellement, « oui, pourquoi pas? ».

J’ai pris beaucoup de temps pour écrire. Je voulais que ce soit parfait. Je ne voulais pas montrer que des choses négatives, donc j’ai attendu d’avoir cheminé, pour avoir plus de choses à raconter.

LL : Pourquoi avoir choisi l’autoédition?

MCL : Je connais quelqu’un dans la famille qui a déjà publié des livres. Cette personne m’avait mise en contact avec un éditeur. Toutefois, l’éditeur ne publiait pas de livres comme le mien, de type croissance personnelle. Il m’a quand même donné d’intéressants conseils, comme étoffer le manuscrit et changer le titre, et j’ai donc retravaillé le livre.

Malgré ce refus, je suis contente parce que j’ai pu travailler le manuscrit encore plus et ajouter beaucoup de choses positives. J’avais lu auparavant un livre d’Alain Samson (Devenez auteur) qui m’a aidée à me structurer et me donnait des exemples, mais les conseils de l’éditeur m’ont aussi guidée.

Quand j’ai trouvé que le manuscrit était satisfaisant, je l’ai envoyé à plusieurs maisons d’édition, mais il n’a pas été retenu. Il y a tellement de demandes qu’elles doivent être sélectives. Le manuscrit s’est quand même rendu sur le bureau du directeur de la maison d’édition Le Dauphin Blanc, qui l’a trouvé inspirant et touchant. Le projet a été abandonné parce que les livres de croissance personnelle ne sont pas leurs meilleurs vendeurs. À ce moment, je m’étais dit que si je recevais un autre refus, je le ferais moi-même.

Lors de ma formation en hypnothérapie, j’ai parlé avec le directeur de l’école de mon projet, qui m’a mentionné avoir déjà passé par le processus d’autoédition. C’est donc lui qui m’a mise sur cette piste et m’a recommandé votre équipe.

LL : Qu’as-tu aimé du processus d’autoédition?

MCL : Ce que j’ai aimé avec votre équipe c’est qu’on sent qu’on est encadré, que l’on bénéficie de suggestions, sans non plus se les faire imposer. Si je peux améliorer le livre, je vais le faire. Il faut être bien encadré dans ce processus, car on ne connaît rien là-dedans! Je trouve que seule, c’est compliqué, et ça prend des gens qui savent où ils s’en vont.

LL : Qu’est-ce que la publication de ton livre a changé dans ta vie?

À un moment donné, j’avais demandé à France Gauthier (une journaliste qui a étudié la spiritualité) : « Comment es-tu arrivée à te faire connaître? Je donne des conférences, et je trouve que c’est difficile de me faire connaître. » Elle, en ayant publié un livre, était prise plus au sérieux.

De mon côté, je vois une grosse différence depuis que j’ai publié un livre. Même la personne avec qui je collabore et qui me trouve des contrats, quand elle parle de moi, me présente maintenant comme conférencière et comme auteure. Ça impressionne les gens, et ça donne plus de crédibilité à mes conférences.

Autopublication

LL : Quelle est la réaction des gens par rapport à ton livre?

MCL : Je l’aimais, mon livre, mais je ne savais pas si les gens allaient l’aimer. Jusqu’à ce jour, j’ai eu des commentaires positifs. Les gens n’en reviennent pas que j’aie passé au travers de tout ça. « Je l’ai dévoré! » « Je n’ai pas été capable de me coucher avant X heures! » « À quand le deuxième? » Et ce n’est pas moi qui vais leur demander des commentaires. C’est eux qui viennent me voir, me féliciter pour me dire que c’est très bon.

Écrire donne de la crédibilité, mais c’est un projet que plusieurs gens pensent inaccessible. Le côté moins accessible est plutôt celui financier, car en s’autoéditant, il faut payer nous-mêmes les coûts de départ, contrairement à une maison d’édition qui les paie pour nous. Oui, c’est une certaine somme, mais ça ne m’inquiète pas, car chaque fois que je fais une conférence, j’apporte mes livres. Je sais que je vais en vendre.

LL : Quelle est la stratégie de vente de ton livre?

MCL : Je suis conférencière et le livre est tiré de ma conférence. La personne avec qui je collabore et qui me réserve des contrats fait beaucoup plus de publicité maintenant que mon livre est sorti. Les gens achètent le livre sur place ou le commandent sur Amazon après avoir assisté à la conférence.

LL : Comment vont les ventes?

MCL : À ce jour, j’ai vendu 90 livres en quelques semaines. Pour payer tous mes frais, il faut que je vendre 300 livres. Si je fais des conférences chaque mois, comme je le fais actuellement, je sais que je vais réussir à rentrer dans mon argent.

Si on n’a pas la pensée magique de croire que l’on vendra des milliers d’exemplaires facilement, on ne peut qu’être content. Il faut être prêt à vendre sa salade dans les bibliothèques, par exemple. C’est plus de travail de marketing qu’avec une maison d’édition, mais en même temps, je suis heureuse de ne pas juste dépendre d’un éditeur.

Pourquoi moi? L'art d'être heureux quand rien ne va plus, par Marie-Claude Lemieux

Pourquoi moi? L’art d’être heureux quand rien ne va plus
Marie-Claude Lemieux, 2019

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